29 mai 2013

La Ouiporte



Chers invités,

Travis W. Crytzer est originaire de Pennsylvanie. Il est né là-bas je veux dire, dans « une petite ville aux rues poussiéreuses », selon l’expression qu’il a utilisée. Ses ancêtres, eux, sont venus d’Allemagne et lui ont transmis son nom et sa houppette de cheveux blonds. Travis a déménagé à Washington il y a 12 ans et a travaillé comme « lobbyiste » pour une compagnie d’assurance. C’est un membre actif de la communauté gay de Washington, mais il convient volontiers que la vie est plus excitante à New York. Il y a deux ans il a laissé tomber son boulot peu gratifiant et a lancé son business.

Travis marie les gens. Il a obtenu la licence et peut officier à la place du juge - aux Etats Unis ce sont les juges qui marient – et obtenir un rendez-vous au tribunal prend des semaines. Il s’est équipé d’un Aïe-phone, et d’un costume bleu assorti à ses lunettes et vous propose plusieurs prestations allant d’une « quick signature » à un « Surprise wedding ». Il peut se déplacer où ça vous arrange et apprécie le champagne français.

Dans un lovely park du centre de Washington plein de joggers attendris, Travis a expédié notre mariage en 3 minutes 16 secondes d’après le chrono du caméscope (quelle partie vous ne comprenez pas dans « quick signature » ?). Je crois bien que mon cœur n’aurait pas tenu beaucoup plus longtemps de toute façon. Travis a dit des trucs sur l’amour et l’engagement, puis il fallait répéter des phrases et ça tambourinait fort là-dedans. Les verres de champagne ont fait du bien une fois que c’était fini. Demain Kirti et moi reprendrons le marathon administratif et j’avoue qu’on est bien contents d’avoir un peu de temps pour digérer notre émotion… et en partager d’autres en Septembre avec vous !

Des photos du moment (et de Travis)…





Merci à tous pour vos petits mots et grandes pensées !

Kirti et Hadrien

Weland


Il leur avait fallu longer le mur pendant de nombreuses années avant d’atteindre la petite porte à battant. Un peu plus loin, une grande ouverture laissait passer dans les deux sens une cohorte d’individus et de véhicules.


Les hommes et femmes qui sortaient semblaient pressés, chacun vêtu selon un code permettant de deviner la fonction qu’ils occupaient dans la société. Ceux qui rentraient étaient plus décontractés ; les hommes marchaient nonchalamment, certaines femmes portaient un sac accompagné d’une pochette en plastique contenant des escarpins à talons.


Une vieille femme adossée au mur à côté de la porte les suivait du regard depuis un certain temps. Des rides malicieuses accompagnaient son regard vif.


- Bonjour ! vous pouvez jeter un œil, si vous voulez…


Ils poussèrent le battant – c’était le même genre de porte que celles qui séparent la cuisine de la salle d’un restaurant, sans fermeture –

Derrière, le paysage semblait être le même : des arbres, des routes, des plaines, des maisons, des rivières, des villes et des villages, des fleurs, des collines et des montagnes, de petits bouts de mer bleue au loin… mais pas d’usines, de zones industrielles, d’immeubles de bureaux ou de champs labourés. Cela ressemblait à l’un de ces chromos qui illustraient autrefois les romans ou les livres de classe.
Des hommes et des femmes, aussi, mais jamais seuls : toujours en couple, avec ou sans enfants. Ils tondaient les pelouses, repeignaient une porte, faisaient du sport, étendaient le linge ou embarquaient en voiture valises et enfants. On distinguait aussi des chiens, des chats, des poules, des oiseaux… toutes sortes d’animaux.

Ils se tournèrent vers la vieille femme.


- Mais pourquoi ce mur ?

- Pour délimiter le Weland.
- Et c’est quoi le Weland ?
- Un territoire réservé aux We. Pour pouvoir s’y installer, il faut passer la Ouiporte  - dit-elle en montrant la petite porte - après avoir signé un papier. On peut y passer un séjour plus ou moins long, voire définitif. Ce n’est pas un ghetto, on peut y entrer et en sortir comme on veut. La seule différence est qu’un fois à l’intérieur on devient un We, une sorte d’entité plurielle. On partage tout avec celui que l’on a choisit : la maison, les repas, le lit, les enfants, la voiture, les factures et la zapette… Par contre, tout ce qui concerne l’individu se passe à l’extérieur, dans le Iland : travail, consultations médicales, loisirs perso, etc.

Ils se regardèrent.


- Drôle d’idée ! Mais ça  a l’air cool, non ?

- Oui... On y va ?
- Pourquoi pas ? On peut toujours essayer !

La vieille femme leur tendit un Ouipapier.


- Très bien, signez là, en bas à droite…


Ils signèrent tous les deux en souriant et franchirent la petite porte.

Ils s’engagèrent sur la route qui menait plus avant dans le Weland. C’était une jolie journée de printemps, l’herbe haute était parsemée de boutons d’or, les piafs sur les branches racontaient leur vie, le ciel bleu était parsemé de jolis petits nuages.

Ils se retournèrent pour faire un signe de la main à la vieille femme. Elle leur rendit leur salut et leur cria :


- Faites gaffe aux dragons !

27 mai 2013

Voyage, 7 septembre, Clermont Ferrand et site web


Chers invités

Kirti et moi nous nous sommes rencontrés à Paris (France), dans la salle la plus poussiéreuse du Jardin des Plantes. Cela faisait un an seulement qu’elle avait quitté Lautoka (Fidji), et j’étais entre deux séjours à Ngotto (Centrafrique). Plus tard, je suis parti vivre à Washington (Etats Unis) et travailler à Gamba (Gabon) ; elle a déménagé à Clermont Ferrand (France) puis à Mumbai (Inde). Cela faisait longtemps qu’on ne s’était pas retrouvés dans le même coin du monde…

Alors, tout naturellement, on a choisi le thème du voyage pour notre fête. Le voyage, en écho à notre histoire, mais aussi pour la liberté qu’il offre et son pouvoir évocateur : on voyage autour du monde, vers d’autres galaxies, ou dans le temps, pourquoi pas ? Surtout, on voyage en imagination… Alors si ce thème vous inspire, n’hésitez pas à nous proposer des idées pour le jour de la fête !

D’ailleurs, Kirti et moi avons arrêté une date et une région : la fête aura lieu le samedi 7 septembre 2013 dans un rayon de 30 km autour de Clermont Ferrand. Nous sommes encore en train de sélectionner le lieu, alors on ne peut pas vous envoyer d’invitation formelle pour l’instant. Mais si vous savez déjà si vous serez là, faites-le nous savoir dès que possible.

Vous pouvez utiliser ce site internet pour obtenir les dernières informations sur la fête, proposer vos idées, ou participer aux surprises. Il va s'étoffer au fur et à mesure...

A très bientôt !

14 mai 2013

C’est quoi le mariage pour vous ?

Kirti et moi nous nous posons la question depuis un petit moment et on a enfin trouvé notre réponse :


Est-ce que c’est aller dans une église ou un temple faire bénir par un prêtre ou un pandit l’union d’un athée et d’une hindoue bannie par sa famille ? Ça ne nous a pas semblé avoir beaucoup de sens, alors on a laissé tomber.


Est-ce que c’est griffonner un signe sur un registre dans une mairie ? Même si c’est nécessaire pour nourrir l’addiction des généalogistes, vous conviendrez avec moi que ce n’est pas le moment le plus amusant du mariage… Dans le cas de l’athée et de la bannie mentionnés plus haut, c’est encore plus compliqué vu que ni l’une ni l’autre ne sont dans leurs pays d’origine.


Alors on a décidé de vous épargner tout ça et on a lancé aujourd’hui même la démarche administrative du mariage civil. On devait le faire maintenant et aux Etat Unis, non pas parce qu’un petit ange fessu nous a glissé l’idée à l’oreille à coup de flèches roses, mais à cause de la section 15b d’un formulaire d’immigration… Le moment le plus romantique de ces démarches (la signature du certificat de mariage devant un agent assermenté du tribunal civil du District of Columbia) aura lieu le 29 mai prochain, probablement dans un café. Cette date constituera donc l’anniversaire administratif de notre union civile. Et là je vous le demande : est-ce que ça vaut le coup de fêter un jour pareil ?


Cela nous ramène donc à la question de départ : c’est quoi le mariage pour nous ? Et bien plutôt que de l’expliquer, Kirti et moi avons décidé de vous le montrer, en organisant une grande fête en France, probablement en Septembre prochain. Vous aurez compris qu’il n’y aura pas d’église ni de mairie, juste une fête à l’image de Kirti et moi, et vous pour nous tenir compagnie, avec ou sans chapeau à plumes.


On vous enverra plus de détails très vite, mais on peut vous dire qu'il y aura des surprises.